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1 jour, 1 combat : 29 avril 1992. L.A. Burning : les émeutes de Los Angeles

29 avril 1992. 15h15. Tribunal de Simi Valley, une commune paisible du comté de Ventura en Californie. Après sept jours de délibérations, le jury prononce l’acquittement du sergent Koon, des officiers Powell et Wind et de l’officier Briseno. Les quatre policiers étaient accusés d’usage excessif de la force. Le 3 mars 1991, à Los Angeles, un an plus tôt, le jeune afro-américain Rodney King est poursuivi par des policiers du Los Angeles Police Department (LAPD) à la suite d’un excès de vitesse. Ivre, il a passé la soirée à boire avec ses amis, en regardant un match de basket-ball. Les voitures atteignent les 190 kmh dans les rues de la métropole californienne. Au terme d’une poursuite de 13 km, il stoppe son véhicule. En quelques secondes, trois voitures de police et un hélicoptère sont sur les lieux. Si les passagers du véhicule obtempèrent aux ordres des policiers et sortent du véhicule, Rodney King refuse de sortir. Après des sommations, il se couche au sol. Quatre policiers tentent alors de le maîtriser mais King se débat au point de faire reculer les policiers.

La police fait alors usage d’un taser sur King qui tombe à genoux avant de se relever. Commence alors un passage à tabac d’environ une minute vingt. Un habitant du quartier, George Holliday, réveillé par le tumulte, s’est mis à filmer la scène. King est frappé une cinquantaine de fois, dont une fois à la tête, alors qu’il essaie toujours de se relever sous le regard d’une vingtaine d’autres policiers qui n’interviennent pas. Après 56 coups de bâton et six coups de pieds, cinq ou six officiers maîtrisent King, le menottent et entravent ses bras et ses jambes à l’aide de cordes. Il est ensuite traîné à plat-ventre vers le côté de la route dans l’attente d’une ambulance. A l’Hôpital, les médecins constatent les dégâts : mâchoire fracturée, cheville cassée, vingt cinq point de sutures sont nécessaires pour lui recoudre la bouche. Placé en garde à vue durant sous les quatre jours, il est relâché à la demande du procureur sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. L’affaire Rodney King commence alors quand la vidéo de George Holliday, d’une durée totale de neuf minutes et vingt secondes, est reprise par les chaînes de télévision du monde entier, provoquant indignation et colère devant la disproportion de la réponse policière et l’acharnerment des policiers sur un auteur de d’un délit routier.

Après plusieurs mois d’enquête et de polémique, les poursuites engagées au niveau de l’Etat de Californie se soldent donc par un acquittement. La question du caractère raciste de cette violence policière a évidemment occupé tous les esprits, n notamment au moment où les avocats de ces quatre policiers blancs ont récusés tous les jurés afro-américains. Les autorités craignant une trop forte médiatisation et un embrasement avaient même dépaysé le procès dans une petite ville jugée moins tumultueuse.

Deux heures après le verdict, la colère s’empare pourtant de Los Angeles. Malgré les appels au calme du maire de la Ville, les autorités font donner la garde nationale et décrètent le couvre-feu. Jusqu’au début du mois de mai, ces émeutes font près de 60 morts et 2400 blessés. Si la question raciale liée à cette agression par des policiers est à l’origine du conflit, ces émeutes ont donné lieu aussi à de véritables « émeutes de la faim », les couches les plus défavorisées, très souvent d’origine afro-américaine ou hispanique, participant au pillage des magasins de la ville.

En 1993, les policiers sont rejugés par un tribunal fédéral. Le procès commence le 25 février. Le 11 avril, le jury déclare le sergent Stacey Koon et l’officier Laurence Powell coupables. Ils sont condamnés en août à 30 mois de prison. Timothy Wind et Theodore Briseno sont quant à eux acquittés. Warren Christopher, élu démocrate, prend la tête d’une commission chargée d’enquêter sur les pratiques racistes au sein de la police de Los Angeles. Ses recommandations sur une réforme de la police ont été nombreuses, notamment pour lever les obstacles au dépôt de plainte ou pour la mise en place de procédures disciplinaires dignes de ce nom : elles n’ont pourtant jamais été appliquées.

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