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La Licra demande la démission du bureau de la CNCDH après son soutien à Francesca Albanese

Communiqué de presse
Paris, le 24 février 2025

Jean Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, confirmera devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, la demande présentée le 11 février dernier à l’Assemblée nationale au nom du gouvernement français de démission de Francesca Albanese de son poste de Rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés. Il avait précisé en cette occasion que Francesca Albanese « n’est ni experte ni indépendante : c’est une militante politique qui agite des discours de haine qui desservent la cause du peuple palestinien, qu’elle entend pourtant défendre, et des Nations unies. En aucun cas et d’aucune manière, Mme Albanese ne peut s’exprimer en leur nom. Elle trahit leur esprit. En réalité, ses provocations n’appellent qu’une seule réponse : sa démission. »

La Licra estime également que Francesca Albanese n’a rien d’une « experte ». Elle en a fait la preuve notamment lorsqu’elle a affirmé dans son rapport de mars 2024, alors qu’aucune juridiction n’a encore qualifié la situation à Gaza, qu’un génocide y était commis par Israël, reprenant ainsi fidèlement la propagande du Hamas. Le spectaculaire et la provocation n’ont jamais remplacé le sérieux de l’analyse juridique et la vérité des faits.

Francesca Albanese a choisi une démarche strictement militante et partisane.

Jamais, à aucun moment, elle n’a mis en cause la responsabilité du Hamas dans le déclenchement de la guerre après le pogrom du 7 octobre 2023.

Elle n’a jamais dénoncé la volonté du Hamas de transformer les civils gazaouis en boucliers humains pour en faire des martyrs de sa cause. Elle n’a jamais évoqué le massacre des partisans de l’Autorité palestinienne par le Hamas qui, après sa victoire aux élections de 2006, voulait exercer le pouvoir sans partage. Elle n’a jamais protesté contre le sort fait aux femmes, aux homosexuels et à ses opposants par le Hamas.

Elle ne s’est jamais préoccupée de remplir de façon objective sa mission de défense des droits humains dans les territoires palestiniens parce qu’elle a choisi le camp du Hamas et de la dénonciation systématique et obsessionnelle d’Israël et des juifs.

Francesca Albanese poursuit cette obsession depuis longtemps, au moins depuis 2014, lorsqu’elle écrivait sur Facebook que « l’Amérique est subjuguée par le lobby juif et l’Europe par le sentiment de culpabilité de la Shoah ». Le 11 janvier 2015, alors que la France se mobilisait  contre le terrorisme islamiste, elle partageait un contenu complotiste accusant la CIA et le Mossad d’avoir organisé la tuerie de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.

Elle ne cesse, depuis des années, par une lecture révisionniste et sélective de l’Histoire, d’agiter le spectre d’un complot juif et de réclamer la fin d’un « colonialisme de peuplement » qui ne peut, au regard de ses prises de position, que signifier la disparition d’Israël en tant qu’État juif. Elle évolue en outre dans un environnement militant négationniste assumé.

Cette obsession l’a amenée à répondre sur X à Emmanuel Macron, le 10 février 2024, alors que le Président de la République venait de rendre hommage aux « suppliciés du 7 octobre 2023 », en ces termes : « Le plus grand massacre antisémite de notre siècle? Non, M. @EmmanuelMacron. Les victimes du 7/10 n’ont pas été tuées à cause de leur judaïsme, mais en réaction de l’oppression d’Israël. La France et la communauté internationale n’ont rien fait pour l’empêcher. Mes respects aux victimes. »

Trois jours auparavant, le 7 février, Francesca Albanese a choisi de s’exprimer aux côtés de Khaled Mashaal, responsable du Hamas, et de Abbas Araghtchi, ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran, lors d’un forum organisé par Al-Jazeera au Qatar, pays qui est le berceau du groupe terroriste Hamas, qu’il finance largement et dont il héberge les principaux dirigeants. En cette occasion, la rapporteuse spéciale de l’ONU a déclaré : « Le fait qu’au lieu d’arrêter Israël, une grande partie du monde l’a armé, lui a fourni des excuses politiques, un refuge politique ainsi qu’un soutien économique et financier, est un défi. Le fait que la plupart des médias occidentaux aient amplifié le discours pro-apartheid et le discours génocidaire est un défi… Nous, qui ne contrôlons pas d’énormes capitaux financiers, d’algorithmes ni d’armes, nous voyons maintenant que nous, en tant qu’humanité, avons un ennemi commun. »

Qu’il s’agisse d’Israël ou d’un « système » qui agirait au profit d’Israël, selon les différentes interprétations données à cette déclaration, personne n’est dupe : il s’agit encore une fois de l’expression de l’obsession complotiste de Francesca contre Israël et contre le « lobby juif ». 

Il y a quelques semaines, le 14 novembre 2025, lors d’un colloque organisé par le Centre arabe de recherches et d’études politiques (Carep), officine Qatarie, la rapporteuse de l’ONU dénonçait un « projet de Grand Israël » sous les traits d’ « un projet de domination, par d’autres moyens que la présence de soldats sur place : le contrôle économique, le contrôle politique, le contrôle à travers les moyens de communication et les armes de ce siècle, qui ont été perfectionnés sur la peau des Palestiniens. Et ce projet est déjà en train de s’épanouir. Il est déjà là. Regardez l’Irak, la Syrie, la Libye, le Liban… et il ne reste plus grand-chose. » Cette dénonciation obsessionnelle d’une volonté de domination israélienne et d’un complot sioniste à l’échelle mondiale n’a qu’un nom : antisémitisme.

Ne pas resituer de tels propos dans une longue suite de déclarations d’une même teneur, dans une activité de lobbying auprès de réseaux militants radicaux et dans son contexte d’énonciation, relève d’une cécité absolue ou d’une connivence coupable.

La Licra condamne le choix fait par le bureau de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) de soutenir Francesca Albanese et de faire siennes ses prises de position inacceptables et récurrentes.

En interpellant le gouvernement le 18 février 2026 pour lui demander de renoncer à demander la démission pourtant justifiée de Francesca Albanese, le bureau de la CNCDH s’est détourné des missions de cette institution : la défense et la promotion des droits de l’homme en France mais aussi au niveau international, grâce à l’institution des procédures dites  spéciales du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui permettent la nomination d’experts indépendants chargés « de documenter les violations des droits humains et du droit international humanitaire, y compris lorsque ces constats sont inconfortables pour les États ».

Profitant de l’indépendance de la CNCDH, indispensable à l’exercice de ses missions depuis sa fondation par René Cassin en 1947, le bureau de la CNCDH a, au contraire, fait sienne la démarche militante de Francesca Albanese au mépris du mandat que celle-ci a reçu de l’ONU et en violation de la déontologie des Représentants spéciaux.

La Licra, qui a suspendu sa participation aux travaux de la CNCDH pour cette raison, dénonce la dérive partisane du bureau de cette institution. Elle demande sa démission pour redonner tout son sens à la collégialité, à l’indépendance et au pluralisme qui fondent la légitimité et la crédibilité de la CNCDH.

Agissons ensemble !

Le DDV, revue universaliste

N°689 – Le DDV • Désordre informationnel : Une menace pour la démocratie – Automne 2023 – 100 pages

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