Actualités International TRIBUNE. « Avec les Arméniens du Haut-Karabakh »

TRIBUNE. « Avec les Arméniens du Haut-Karabakh »

Serge et Beate Klarsfeld, Pascal Bruckner, Elie Barnavi, Yvan Attal… De nombreuses personnalités en appellent à des mesures immédiates pour « arrêter l’offensive en cours et entraver l’action d’Erdogan dans ses velléités hégémoniques régionales ».

Le cauchemar recommence. Les Arméniens du Haut-Karabakh n’auraient pas le droit de vivre en paix sur leur terre ancestrale. Ils n’auraient pas le droit de voir grandir leurs enfants, comme leurs parents avant eux, dans ce « Jardin noir » où les pierres attestent de leur présence depuis l’Antiquité.

Au cours du génocide perpétré par les Turcs en 1915, un million et demi d’Arméniens furent déportés, torturés, massacrés. Dans l’indifférence générale. « Après tout, qui se souvient encore du massacre des Arméniens », disait Hitler au moment d’envahir la Pologne. Aujourd’hui au Haut-Karabakh, cent cinq ans après le génocide de 1915, on refuse de nouveau aux Arméniens le droit de vivre sur leurs terres.

En 1991, les Arméniens du Haut-Karabakh demandèrent leur autonomie et leur rattachement à la République arménienne indépendante. Les Arméniens n’étaient pas dans une logique de séparatisme armé : ils voulaient entamer une discussion politique, dans le cadre des réformes liées à la perestroïka. La réponse ne fut pas politique : les dirigeants azerbaïdjanais entrèrent dans une spirale de violence, pour « en finir » avec le problème arménien. Les Arméniens ont donc pris les armes afin de défendre leur famille, leur jardin, leurs villages.

Ce conflit, alternativement ouvert et larvé, dure depuis trente ans. Mais la situation est aujourd’hui bien pire qu’il y a trente ans. L’agression militaire de l’Azerbaïdjan le 27 septembre, soutenue par la Turquie d’Erdogan, et à laquelle participent des mercenaires islamistes syriens rompus aux pires exactions contre les Kurdes, crée les conditions d’un massacre généralisé. Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh, est bombardée. Les populations arméniennes subissent les bombardements azéris dans les zones civiles. Si demain cette région retombait aux mains des troupes azéro-turques flanquées des colonnes de mercenaires, les conséquences pour les Arméniens seraient tragiques.

La mémoire des génocides n’a aucun sens si elle ne nous impose pas de dénoncer les dangers génocidaires lorsqu’ils se présentent à nos yeux. Tous les peuples, tous les citoyens partageant cette mémoire sont donc naturellement solidaires des Arméniens quand ceux-ci sont une fois de plus agressés.

Nous soutenons les Arméniens du Haut-Karabakh. C’est pourquoi nous souhaitons que des mesures soient prises immédiatement. D’abord, sous forme d’une intervention politique qui mobilise l’Europe et l’ensemble des pays démocratiques, pour arrêter l’offensive en cours et entraver l’action d’Erdogan dans ses velléités hégémoniques régionales. Ensuite, sous forme d’une aide matérielle à la population civile arménienne. Pour notre part, nous lançons une collecte pour fournir des médicaments et du matériel médical.

Signataires :

Yvan Attal, comédien, réalisateur ; Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël ; Pascal Bruckner, écrivain ; Denis Charbit, maître de conférence à l’Open University of Israel ; Frédéric Encel, universitaire ; Ariel Goldmann, avocat, président de la Fondation du judaïsme français ; François Heilbronn, professeur associé à Sciences-Po et président des amis français de l’université de Tel-Aviv ; Serge Klarsfeld, président des Fils et Filles des Déportés juifs de France ; Béate Klarsfeld, Fils et Filles des Déportés juifs de France ; Arno Klarsfeld, Fils et Filles des Déportés juifs de France ; Marc Knobel, historien ; Noemie Madar, présidente de l’UEJF ; Caroline Madsac, vice-présidente du Collectif Urgence Darfour ; Jacky Mamou, ancien président de Médecins du Monde ; Éric Marty, écrivain et universitaire ; Richard Odier, directeur du Fonds social juif unifié ; Roger-Pol Droit, philosophe ; Richard Prasquier, président d’honneur du Crif ; Dany Shek, ancien ambassadeur d’Israël ; Bernard Schalscha, secrétaire général de France Syrie Démocratie ; Dominique Sopo, président de Sos-Racisme ; Mario-Pierre Stasi, président de la Licra ; Yves Ternon, historien ; Meir Waintrater, économiste.

Agissons ensemble !

8 Commentaires

  1. Bonjour
    et si on écrivait « … par le régime turc en 1915 » plutôt que « …par les Turcs en 1915 » ?
    Cela éviterait la globalisation et permettrait de différencier les génocidaires des autres.
    Guy DAVID

  2. Cependant, nous lisons aussi qu’au hasard du négoce international,ce serait l’industrie militaire de l’état d’Israël qui serait le fournisseur d’armes à l’Azerbaidjan. Si ceci est véridique (et l’Ambassadeur d’Arménie en Israël a été rappelé), les signataires, « femmes et hommes de coeur » ne pourraient-ils demander à Israël que ces fournitures n’aient pas lieu ? Et que les autres pays fournisseurs d’armes s’abstiennent.

  3. Merci Chers amis Juifs de France et de la Planète Bleue !
    Cette tribune vous honore !
    Si vous ne le saviez pas, apprenez ce qui suit !
    Si vous le saviez, ne l’oubliez jamais !
    Si vous l’aviez oublié, remémorez vous !
    « L’ami » d’Israël d’aujourd’hui ne s’appelle pas Juda, mais c’est un mollah qui a plus d’un tour dans sa fez de derviche…
    Les drones vendus au mollah risquent un jour où le derviche tourne mal, de se retourner contre Israël…
    Ne vendez jamais votre âme !
    Ne vendez jamais votre religion !
    Dites au gouvernement d’Israël : « Ne tuez jamais directement ou indirectement des chrétiens, même ceux dont le génocide n’est pas reconnu à ce jour par ce gouvernement ».
    Suivez le lien ci-dessous :

    https://www.europe-israel.org/2018/10/un-article-de-1917-decrit-la-situation-des-juifs-en-palestine-sous-loccupation-turque-nous-ferons-subir-aux-juifs-le-sort-des-armeniens/

    Charles Boyadjian

    Un article de 1917 décrit la situation des Juifs en Palestine sous l’occupation turque « nous ferons subir aux Juifs le sort des Arméniens »
    Oct 04, 20184

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    Voici la traduction d’un article rédigé à Londres le 8 mai et paru mercredi 9 mai 1917 dans le quotidien australien The Age (1).
    A sa lecture, vous remarquerez une fois de plus que les documents historiques confirment toujours le narratif officiel israélien, et contredisent celui des antisionistes.
    Cet article est si explicite qu’il ne demande aucune analyse ou commentaire pour détruire au moins deux affirmations mensongères :
    • L’une qui dit que les Juifs vivaient en parfaite entente avec les Musulmans en Palestine avant le rétablissement d’un Etat juif en 1948.
    • L’autre qui veut faire croire que la « colonisation » et « l’occupation » sont responsables du conflit. Car en 1917, il n’y avait ni colonisation, ni occupation, ni Etat d’Israël, ni de Jérusalem Est occupée, ni de blocus ou d’apartheid, ou je ne sais quelle autre ânerie fabriquée et entretenue avec la participation active de la gauche et des médias.

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