Actualités Mémoire & Histoire 1 jour, 1 combat. 4 mai 1961 : Premier Freedom Ride (USA)

1 jour, 1 combat. 4 mai 1961 : Premier Freedom Ride (USA)

Les Freedom Rides (« Voyages de la liberté ») furent des actions menées par les militants du Mouvement des droits civiques aux États-Unis. Elles consistaient à utiliser des bus circulant d’un État à l’autre pour tester le respect de l’arrêt de la Cour suprême Boynton v. Virginia (décembre 1960). Ce dernier avait rendu illégale la ségrégation dans les transports publics car celle-ci violait la loi sur le commerce interétatique. Toutefois, les États du Sud continuaient d’appliquer les lois raciales et les lois de Jim Crow.

Le 4 mai 1961, ils sont treize militants pacifistes, noirs et blancs, à embarquer, à Washington, dans un bus à destination de la Nouvelle-Orléans. Ils sont principalement membres du Congress of Racial Equality (CORE) mais on trouve également parmi eux deux militants du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC). L’équipée a prévu d’atteindre la capitale de la Louisiane le 17 mai.

Les premières difficultés surviennent à Rock Hill (Caroline du Sud), le 9 mai ; mais la confrontation avec des opposants n’empêche pas le bus de continuer sa route. Le 13 mai, à Atlanta (Georgie), l’équipée rencontre Martin Luther King. Les mots du pasteur – « Être Freedom Rider, c’est être prêt à mourir pour une cause » – renforcent le moral des voyageurs qui, le 14 mai, sont attaqués à Anniston (Alabama), par des membres du Ku Klux Klan. Les pneus du véhicule sont crevés ; une bombe incendiaire est jetée à l’intérieur. Les klanistes bloquent les portes pour empêcher les passagers de sortir. La catastrophe est évitée grâce à l’intervention dissuasive d’un agent du FBI, armé, chargé de suivre le convoi. La fin du voyage est tout aussi mouvementée si bien que les Freedom Riders n’atteignent leur but qu’à la fin du mois de mai.

En juin, juillet, août et septembre, soixante Freedom Rides sont organisés. 450 personnes y auraient participé, se heurtant à de multiples incidents : chauffeurs menacés, arrestations, tabassage des participants, parfois couvert par la police… Le Droit de Vivre, organe de la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA), en rendra compte en ces termes :

« Dans plusieurs Etats la police doit protéger leur départ. Parfois les propriétaires des restaurants, dans les gares d’autobus, apprenant par la presse l’approche d’un groupe des ‘voyageurs de la liberté’, enlèvent les écriteaux ‘Pour blancs seulement’ ou ‘Pour noirs seulement’. Mais, après leur départ, les écriteaux ont reparu, car la clientèle blanche compte pour eux plus que le noir, beaucoup plus pauvre, donc moins ‘intéressant’.

Parfois, les serveuses blanches refusent de servir les noirs, il faut aller chercher une serveuse de couleur. Dans plusieurs villes, les ‘Freedom Riders’, arrêtés pour être entrés ensemble dans une salle d’attente réservée aux blancs, ont été inculpés de ‘violation de l’ordre public’. A Little Rock, quatre ‘Freedom Riders’, deux noirs et deux blancs, ont été condamnés à six mois de prison et 500 dollars d’amende chacun.

Dans l’Etat du Mississippi. 25 ‘Freedom Riders’ se sont vus condamnés à deux mois de prison et 200 dollars d’amende chacun. Trois des accusés se sont plaints devant la cour d’avoir été battus en prison. »

Les autorités fédérales appellent rapidement à calmer le jeu. Elles condamnent même, dans un premier temps, l’initiative, en raison des violences qui surviennent et de l’image négative d’une Amérique raciste, allègrement exploitée par la propagande soviétique.

Alors que les centrales antiracistes réfléchissent au mois de septembre à l’organisation d’une manifestation de masse (« Projet Washington »), la Commission du commerce interétatique (Interstate Commerce Commission, ICC, abolie en 1995) adopte une série d’ordonnances qui entrent en vigueur le 1er novembre 1961. Dorénavant, les passagers seront libres de s’asseoir où bon leur semble. Les écriteaux « white » et « colored » sont retirés des gares et l’accès aux commodités y est garanti à chacun.

La mémoire de ces opérations est restée vive. Elles font l’objet de commémorations. En janvier 2017, le président des États-Unis Barack Obama a fait de la gare routière d’Anniston (Alabama) le monument national des Freedom Riders.

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