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C’est le Rekviem de votre vie – Par Vincent Simonet, Directeur artistique et initiateur du projet « Rekviem »

Action musicale inspirée par l’œuvre du chef d’orchestre Rafael Schächter qui, au camp de concentration de Terezín, a fait du Requiem de Verdi un souffle de résistance et de vie. Cette nouvelle œuvre met en lumière le Requiem comme vecteur d’espoir et d’ouverture à l’autre pour lutter contre l’indifférence et toutes les nouvelles formes de la barbarie.

Rekviem est né d’une envie viscérale de transmettre au monde une conscience que la musique a ce pouvoir de transcendance sur des situations sans espoir.

Je découvre la résistance de Terezín au travers d’un atelier de dramaturgie et de mise en scène qui nous a plongé pendant un an dans l’histoire, la mémoire et la création sans savoir où cela nous mènerait quelques années plus tard mais déjà en conscience que ce Rekviem embryonnaire touchait à l’universel.

L’expérience a été marquante parce qu’elle est devenue pour tous, artistes et public une expérience de vie en perpétuel dialogue entre hier et aujourd’hui.

Je ne connaissais que très peu de choses de la captivité de mon grand-père résistant à Dachau et du parcours inhumain pour y arriver. Il a fallu ce Rekviem pour « faire taire les non-dits » et rendre hommage au courage de l’homme humble et muet sur l’horreur qu’il a traversée.

Rafael Schächter dirigeant une répétition du Requiem de Verdi à Terezín © Fondation Terezín

Il s’agit bien ici de rendre hommage à Rafael Schächter, à mon grand-père, à tous ces hommes et femmes qui ont trouvé la force de résister en chantant une musique sacrée qui n’était pas la leur.

Mais comment transmettre dans un climat anxiogène, à l’heure où les témoins disparaissent et où les abominables théories révisionnistes et négationnistes fleurissent de plus belle ? En créant, avec le coeur, l’instinct et le seul langage universel que nous avons à notre disposition, la musique. En parlant aux anciens, aux rares survivants que nous retrouvons et surtout aux jeunes, pour que cette mémoire devienne leur espoir.

Nous n’avons pas besoin d’interminables débats, seules l’oeuvre et la musique parlent d’elles-même.

Je rencontre la réalisatrice et journaliste Hind Meddeb à l’issue d’une représentation du premier Rekviem au Théâtre 13. Nous comprenons vite autour d’une interview sur France Info que nos quêtes se ressemblent et que nous sommes des passeurs. La rencontre avec son père Abdelwahab Meddeb qui continue d’éclairer sur son lit d’hôpital ne fait que renforcer cette idée.

Nous tissons des liens qui deviennent si clairs entre la Shoah, d’autres génocides, la globalisation de l’indifférence et la banalisation contemporaine de l’abandon de l’humain.

Je lui raconte le parcours de l’œuvre, toutes ses synchronicités, la richesse des rencontres et des soutiens, l’engagement si touchant de chaque artiste, de chaque acteur du projet.

Nous assistons ensemble à un formidable déploiement du message, à une nouvelle forme de croyance universelle. Et très vite nous sentons la portée d’un tel mouvement artistique et sa justesse pour notre époque. Nous commençons à le documenter en suivant conjointement l’histoire du Requiem de Verdi joué à Terezín, l’élaboration de l’œuvre contemporaine et ses diverses actions inclusives.

Le souffle Rekviem se partage avec grande fluidité. Des portes s’ouvrent à Munich, Berlin, New York, Barcelone, en Israel, au Maroc…

Serait-ce le présage d’une prise de conscience pour que les distances s’estompent, pour que les spectateurs deviennent acteurs, pour que la musique relie nos vies et nous fasse accepter les différences ?

Oui, nous y croyons car nous avons tous choisis d’être les artisans de la vie.

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