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[COMMUNIQUÉ] Rien de ce qui est Afghan ne nous est étranger

La Licra est née en 1927, dans un contexte où de nombreux juifs fuyaient les États d’Europe centrale et orientale où se manifestait un antisémitisme virulent. Les années suivantes virent l’avènement du régime national-socialiste en Allemagne et l’afflux sur le territoire français de milliers de réfugiés.

En novembre 1938, l’ex-Président du Conseil Léon Blum avertissait lors d’un congrès de la Ligue internationale contre l’antisémitisme : « Il n’y a pas d’exemple dans l’histoire qu’on ait acquis la sécurité par la lâcheté, et cela ni pour les peuples, ni pour les groupements humains, ni pour les hommes. »

Nous ne vivons plus dans les années 1930. Le monde a changé mais deux réalités font aujourd’hui écho au passé : la nature totalitaire de l’idéologie qui anime les talibans qui viennent de prendre le pouvoir en Afghanistan et les tragédies humaines qu’annonce cette prise de pouvoir. C’est un drame pour les populations qui rejettent ce régime aux intentions funestes, un drame pour les femmes, premières visées par un obscurantisme violent, qui leur réserve un statut d’inférieures. C’est un drame, enfin, pour celles et ceux qui seront parvenus à fuir le pays et s’apprêtent à connaître les affres matériels et moraux de l’exil, les douleurs de la séparation, l’angoisse de l’abandon, la peur de l’inconnu.

La situation reste aujourd’hui très incertaine sur ce que représentera cette immigration en provenance d’Afghanistan mais la Licra veut d’ores et déjà rappeler son attachement aux traditions d’hospitalité qui sont celles de la France mais aussi sa fidélité à sa propre histoire, à l’activité qu’elle déploya par le passé, pour favoriser l’accueil des persécutés, la défense de leurs droits et leur intégration.

La situation géopolitique appelle par ailleurs la plus grande vigilance, dans un contexte de crises majeures, contre toutes entreprises de déstabilisation, intérieures ou extérieures. Pas plus que sur les principes d’humanité, la communauté nationale ne doit transiger sur la sécurité des persécuté(e)s et sur celle de nos concitoyen(ne)s. Il est là un devoir élémentaire d’humanité ; il en va de l’honneur de la France mais aussi de l’intérêt général, qu’il faut œuvrer à renforcer en ces heures sombres. La République ne peut faillir face à l’idéologie mortifère dont elle mesure, depuis maintenant des années, le potentiel destructeur.

Face à de tels enjeux, il n’est pas de demi-mesures, ni de circonvolutions. Il n’est que le volontarisme et des convictions, à commencer par celle selon laquelle – pour s’inspirer du poète Térence –, rien de ce qui est Afghan ne nous est étranger.

Agissons ensemble !

Le DDV, revue universaliste

« L’école contre le racisme » – n°684 – Automne 2021 – 100 pages

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