Actualités Mémoire & Histoire En mémoire des victimes de la rue Copernic

En mémoire des victimes de la rue Copernic

Il y a près d’une semaine, nous commémorions le triste anniversaire de l’attentat antisémite de la rue Copernic commis en plein Paris il y a 40 ans. Le 3 octobre 1980, à 18h38, rue Corpernic dans le XVIème arrondissement de Paris,  une dizaine de kilos de pentrite, dissimulés dans les sacoches d’une moto, explosent à une dizaine de mètres de la synagogue de l’Union Libérale Israélite de France.

Le choc est puissant. En cette veille de shabbat et jour de la fête juive de Sim’hat Torah, la synagogue est très fréquentée : les portes sont soufflées et la verrière s’effondre sur les fidèles. Dans la rue, les voitures sont projetées sur la chaussée. Philippe Bouissou (22 ans) qui passait en moto au moment de l’explosion est tué sur le coup. Aliza Shagrir (42 ans), présentatrice de télévision israélienne en vacances en France, est également tuée sur le coup alors qu’elle marchait sur le trottoir, tout comme Jean Michel Barbé, chauffeur d’une famille qui fréquente la synagogue. Hilario Lopez-Fernandez, le concierge espagnol de l’hôtel Victor Hugo, situé presque en face du temple, est grièvement blessé et décède deux jours plus tard. Raymond Barre, alors Premier Ministre, ajoute à l’émoi par une déclaration déplorable :  « Cet attentat odieux voulait frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ».

La réaction de la LICRA

Le lendemain, la LICRA participe à plusieurs manifestations spontanées sur les lieux du drame et sur les Champs-Elysées. Le 7 octobre, les militants de la LICRA se joignent au cortège des 200 000 manifestants venus exprimer leur indignation entre la Nation et la République. Dans le Droit de Vivre, l’éditorial du numéro d’octobre explique : “La haine raciste a tué à Paris où un attentat à la bombe a été commis aux abords de la synagogue de la rue Copernic, lieu de prières de l’Union libérale israélite dont le Président est notre ami Lucien Finel, membre du comité central de la LICRA. (…) Le sang qui vient de couler à Paris exige une justice rapide et impitoyable. Quels qu’ils soient, les assassins doivent être recherchés et punis exemplairement. De même que ceux qui les ont armés matériellement et idéologiquement”

Revendications et commanditaires

Dans un premier temps, la Fédération d’action nationale et européenne, mouvance d’extrême-droite dissoute un mois plus tôt par le Gouvernement, revendique l’attentat. Rapidement, la police oriente ses recherches du côté du Moyen-Orient et du Front Populaire de Libération de la Palestine. Les auteurs de cet attentat ne seront jamais retrouvés. En 2007, le juge antiterroriste Marc Trévidic délivre une commission rogatoire internationale aux États-Unis pour un suspect du nom d’Hassan Diab ayant vécu aux États-Unis et au Canada. Considéré comme le chef du commando, il a été identifié grâce aux archives du FPLP-OS transmises par l’Allemagne à la France et à l’enquête sur la Suzuki qui conduit jusqu’au magasin du vendeur de motos. Arrêté en 2008, celui qui est devenu professeur de sociologie à Ottawa est extradé vers la France en 2014. En 2017, Hassan Diab est toujours en détention provisoire quand le 28 juillet 2017, « la fin des investigations a été notifiée aux parties ». En 2018, un non-lieu est rendu par les magistrats instructeurs. Le parquet a fait appel de cette décision et en octobre 2018, la chambre de l’instruction de la Cour d’Appel de Paris ordonne la réouverture des débats et un supplément d’information pour qu’un juge d’instruction fasse réaliser des expertises supplémentaires. Depuis, Hassan Diab a regagné le Canada et réclame 90 millions dollars à l’Etat canadien pour le préjudice qu’il estime avoir subi à l’occasion de son extradition vers la France.

Une question de justice

Aujourd’hui, la justice n’est pas passée sur l’attentat de la rue Copernic. La LICRA ira jusqu’au bout, aux côtés des victimes, et utilisera toutes les voies, tous les moyens offerts par notre droit pour qu’un procès se tienne et que la vérité judiciaire surgisse enfin dans cette affaire comme d’ailleurs dans celle de la rue des Rosiers. De l’attentat de la rue Copernic à celui de l’Hyparcasher, le même fil conducteur soutient la main des terroristes : celui de la haine des juifs qui, chacun le sait, tue encore aujourd’hui sur le sol de France. Cette réalité ne cessera jamais d’être inacceptable et toujours, à la LICRA, nous remplirons notre devoir envers nos valeurs fondatrices pour faire reculer, partout où nous le pouvons, le fléau de l’antisémitisme. 

Agissons ensemble !

1 COMMENTAIRE

  1. Merci Mario pour cet article qui fait remonter le souvenir douloureux de cet acte ignoble dont le ou les coupables n’ont pas encore été identifiés ! Merci à la Licra de persévérer.

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