ActualitésMémoire & HistoireLe 12 avril 1975, Joséphine Baker s'éteint

Le 12 avril 1975, Joséphine Baker s’éteint

Joséphine Baker a disparu le 12 avril 1975.

Elle fut notre ambassadrice, partout dans le monde, pour porter la parole antiraciste et universaliste. Elle était le courage et la volonté de dépasser les assignations. Elle était libre ! Sa place est au Panthéon de la Nation.

Peu après mon arrivée, j’ai adopté la nationalité française. Je savais que la France n’était pas mon pays d’adoption, mais qu’elle était mon pays tout court.” – Joséphine Baker

28 août 1963 : Discours de Joséphine Baker devant le Lincoln Memorial à Washington

Lorsque j’étais enfant, ils ont brûlé ma maison, j’ai eu peur et je me suis enfuie. Je me suis enfuie tellement loin que j’ai fini par arriver dans un endroit appelé France. Certains d’entre vous y sont allés, d’autres non. Mais si je peux vous dire une chose, mesdames et messieurs, c’est que dans ce pays je n’ai jamais eu peur. Ce pays était magique.

(…)

Dans ma jeunesse, à Paris, il m’est arrivé des choses étranges, des choses qui ne m’étaient jamais arrivées avant. Lorsque j’ai quitté Saint-Louis, il y a longtemps, on m’a dit de monter dans le wagon de derrière, et vous savez tous ce que cela signifie.

Mais après avoir fui dans un pays étranger, je n’étais plus obligée de le faire. Je pouvais aller dans tous les restaurants, dans tous les cafés, là où je le voulais, et je n’avais pas non plus à utiliser des toilettes pour les gens de couleur, et je dois vous dire que c’était formidable, et que je m’y suis habituée, et que cela me plaisait, je n’avais plus à craindre que qui que ce soit me crie : « Hé négresse, retourne à l’arrière de la file d’attente. » Vous savez, je n’ai presque jamais employé ce mot, mais il m’a souvent été jeté à la figure.

(…)

Et quand je suis arrivée à New York, à l’époque, j’ai encore pris des coups, quand on me refusait dans les bons hôtels ou dans certains restaurants parce que j’étais noire. Puis je suis allée à Atlanta, et là c’était l’horreur. Et je me suis dit, Mon Dieu, je suis Joséphine, et ils se comportent comme cela avec moi, qu’est-ce que cela doit être pour tous les autres ?

(…)

Les amis, vous savez que je ne vous mens pas quand je vous raconte que je suis entrée dans les palais de rois et de reines et dans des maisons de présidents. Et dans encore bien d’autres endroits. Mais je ne pouvais pas entrer dans un hôtel en Amérique et y prendre un café, et cela me rendait folle.

(…)

Mais en fait, tout ce que je voulais, c’était un café. Mais ce café, je voulais pouvoir le boire là où je le voulais, et j’avais l’argent pour le payer. Alors de quel droit est-ce qu’on m’en empêchait ?

(…)

Lorsque vous crierez, les amis, je sais que vous serez entendus. Oui, on vous entendra maintenant.

Mais vous les jeunes, il y a quelque chose que vous devez faire. Vous devez vous instruire. Vous devez aller à l’école et apprendre à vous défendre. Mais vous devez apprendre à vous défendre par la plume et non par les armes.

Agissons ensemble !

Le DDV, revue universaliste

"Droit d’asile : principes et urgences" - n°687 - Été 2022 – 108 pages

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