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Notre France

Le mot de Mario Stasi, président de la Licra. Publié dans Le DDV • Revue universaliste N°692 – “Les enfants et le racisme” – Printemps 2024 (En savoir plus).

« Ces femmes enceintes débarquent chez nous pour que leurs enfants soient français, supprimons le droit du sol ! » Défendre ce raisonnement absurde, c’est se tromper intégralement ou poursuivre un but électoral malsain. Les migrants des Comores viennent en France pour pouvoir scolariser leurs enfants ou se faire soigner, ce qui n’a rien à voir avec la nationalité et le droit du sol. Des droits élémentaires de scolarisation ou de soin sont accordés aux étrangers qui se trouvent sur notre sol, à Mayotte ou ailleurs. Et c’est sur la base d’un mensonge, d’un fantasme ou d’un calcul politicien que certains histrions prétendent remettre en cause, plus largement, un principe généreux qui fixe l’égalité en droit et dignité des êtres humains sur notre sol, et les fait grandir en citoyen de notre pays.

La France est un pays dont la tradition d’accueil est ancrée dans la culture et dans les lois. L’urgence est à la sécurité, c’est évident, mais pas au prix d’une confusion dans les idées et dans les intentions, dommageable aux valeurs et principes républicains. Priorité doit être donnée, en matière d’immigration, à l’intégration, et non aux fausses mesures dont on sait qu’elles n’apportent aucune solution durable aux enjeux des crises internationales actuelles. Le principe constitutionnel d’indivisibilité de notre République n’a pas à souffrir des maux et des doutes qui traversent notre pays. La France, notre France doit conserver son ambition républicaine avec une politique volontaire d’intégration et non l’inquiétante remise en cause des traditions républicaines, que les hommes politiques doivent continuer d’incarner au premier chef.

Manouchian au Panthéon

Par leur héroïsme, embrassant les valeurs de la République et combattant pour qu’elles soient défendues, convaincus de l’anéantissement programmé de toutes formes de liberté par la terreur conjuguée du régime de Vichy et des nazis, des étrangers ont sublimé la France en prenant le risque de mourir pour ses idéaux. Missak et Mélinée Manouchian, et les membres des groupes des FTP-MOI, furent de ceux-là. Missak Manouchian avait refusé que le visage de la France soit défiguré par les ennemis de l’égalité et de la fraternité. Militant communiste, syndicaliste, attaché au progrès social, à l’identité arménienne et à la mémoire du génocide de 1915 auquel il avait survécu, il accepta le sacrifice de sa vie d’homme pour défendre un idéal, celui-là même qui fit se lever des dizaines de milliers d’immigrés, comme lui. Par deux fois, l’administration républicaine lui avait refusé la nationalité française. 80 ans après son exécution au Mont-Valérien, la patrie reconnaissante a rendu l’hommage attendu à l’apatride et à son épouse Mélinée. Les premiers résistants étrangers à entrer au Panthéon : un symbole fort, une décision tout autant symbolique en ces temps de xénophobie, de racisme et d’antisémitisme décomplexés.

Il est des Français qui ne se battront jamais pour leur pays ; il est des étrangers qui ont été torturés et fusillés en ayant combattu pour notre patrie. C’est une réalité de notre histoire. Aussi doit-on tout faire, aujourd’hui, pour favoriser, chez nous, ce sentiment et cette volonté d’appartenance, qui fabriquent les citoyens d’où qu’ils viennent. Cette promesse républicaine, c’est notre France.

Disparition de Robert Badinter

Le Panthéon a accueilli les Manouchian comme il devra accueillir Robert Badinter. Un grand homme, une autorité morale, à qui nous devons, entre autres, l’abolition de la peine de mort et la dépénalisation de l’homosexualité, mais également un engagement sans faille contre le racisme et de l’antisémitisme. Une partie de ce combat fut mené au nom de la Licra, dont il fut l’avocat dans un procès contre la propagande antisioniste que diffusait l’ambassade soviétique (1972-1973), dans un autre, qui conduisit à imposer un avertissement à toute réédition de Mein Kampf (1978-1980), dans un troisième, enfin, contre le faussaire négationniste Robert Faurisson (1979-1981). La Licra prépare un dossier documentaire contenant les plaidoiries de l’avocat dans ces affaires. Un matériel contre l’oubli. Vous y entendrez cette voix, à la fois sourde et tonitruante, cette mécanique intellectuelle implacable de clarté, une humanité au service de la justice, de la France et de ses institutions. Notre France.

Des armes pour l’Ukraine !

Être sans relâche aux côtés du peuple ukrainien entrée dans sa troisième année de guerre face à l’agresseur russe… Oui, Européens, cette guerre est la nôtre ! Elle est celle des peuples libres épris de démocratie contre une autocratie mafieuse qui piétine le droit international et dont l’obsession est de dominer jusqu’à l’écrasement de ses voisins et de son propre peuple. « Nous devons arrêter l’agresseur quand nous pouvons, car tout peut aller très vite en Europe » a déclaré la première ministre estonienne, implorant les États européens de renforcer les livraisons d’armes à l’Ukraine. La défense de nos libertés et de nos valeurs démocratiques nous commande un soutien sans faille à des buts de guerre justes. Il y va de la survie de l’Ukraine, de l’Europe et de la France. Notre France.

Agissons ensemble !

Le DDV, revue universaliste

N°689 – Le DDV • Désordre informationnel : Une menace pour la démocratie – Automne 2023 – 100 pages

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