ActualitésÉducationPourquoi la Licra s’intéresse-t-elle à la laïcité ?

Pourquoi la Licra s’intéresse-t-elle à la laïcité ?

9 décembre : La Licra fête la laïcité ! À l’occasion de la journée de la laïcité, la Licra vous propose une série de textes rendant hommage à la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État. « Pourquoi la Licra s’intéresse-t-elle à la laïcité ? », un texte de Claude Secroun, délégué Licra auprès du Collectif Laïque National.

L’objet de la Licra est défini dans ses statuts : se plaçant en dehors de tous partis politiques et de toutes organisations philosophiques et confessionnelles, la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme combat le racisme, l’antisémitisme, les discriminations, la xénophobie et le négationnisme. Les actions du bénévole Licra portent sur la prévention en milieu scolaire, ainsi qu’en prison ou en milieu sportif, mais aussi sur l’accueil et l’aide aux plaignants. Lorsqu’une personne victime d’une agression raciste ou antisémite contacte la Licra, elle est accueillie par un bénévole qui ne voit en elle qu’un être humain en souffrance. Peu importent les croyances, les engagements politiques, philosophiques ou confessionnels, la couleur de peau, les origines, l’orientation sexuelle… C’est un être humain à part entière, et c’est cet être humain qu’il s’agit d’entendre et d’aider. Et c’est la raison pour laquelle la Licra ne peut qu’être universaliste : elle ne met pas en avant les différences, quelles qu’elles soient, et privilégie le commun.

Alors, quel rapport à la laïcité ?

Répondre à cette question n’est pas immédiat, car la laïcité est un principe souvent présenté comme la séparation des Églises et de l’État (cf. la loi du 9 décembre 1905). L’État ne se mêle pas de la gouvernance des Églises, et les religions ne s’occupent pas du temporel. Le principe en lui-même ne permet pas de comprendre l’intérêt que la Licra peut lui porter. Il faut aller plus loin, s’interroger sur les conséquences de ce principe et des lois qui en sont issues.

Pour Henri Pena-Ruiz, philosophe, « La laïcité propose (aux citoyens) de vivre ensemble sur la base de trois principes : le premier, c’est la liberté de conscience qui reconnaît à chacun le droit de croire ou non, le second, c’est l’égalité de droits, qui veut dire qu’il n’y a pas de raison de donner plus aux uns qu’aux autres, excluant d’accorder tout privilège public, soit à la religion, soit à l’athéisme. Et le troisième principe, c’est celui de l’universalisme. La puissance publique devant nous unir ne peut le faire que si elle promeut ce qui est commun à tous. »

L’État, toujours selon la loi de 1905, ne reconnaissant aucune religion, ne peut avoir sur le citoyen qu’un regard universaliste, c’est-à-dire qu’il n’a pas à se préoccuper de ses croyances ou non croyances. Et, de fait, la laïcité protège la liberté de conscience, c’est-à-dire, en particulier, la liberté de croire ou de ne pas croire, de changer de religion, de ne pas en avoir ou d’en adopter une. La laïcité, c’est le cœur de l’émancipation, c’est-à-dire de la liberté, la possibilité de s’affranchir de toute domination. Ainsi, le citoyen, tenu par des droits et des devoirs, devient un être humain à part entière : il est défini par sa seule appartenance à la nation. Peu importent sa couleur de peau, son éventuelle religion, ses orientations sexuelles. Chaque citoyen ne voit en l’autre qu’un citoyen, un être humain, un même.

Les différences, qui existent évidemment, passent au second plan. Dans une société idéale où la laïcité serait vécue comme naturelle, il n’y aurait plus place au rejet de l’autre, et, si on veut être optimiste, la Licra n’aurait plus de raison d’être. À défaut d’en arriver là, comprendre ce qu’est la laïcité et surtout ce qu’elle implique dans la société, ne peut que nous faire tendre vers cet idéal d’une vie de partage entre êtres humains également dignes.

À nous de conforter cet idéal laïque, celui d’une société de l’égale dignité des personnes. On le voit, la solidarité laïque est à même de lutter contre le racisme et l’antisémitisme ! C’est pourquoi la Licra s’intéresse à la laïcité et en fait la pédagogie.

Claude Secroun
Délégué Licra auprès du Collectif Laïque National

9 décembre : La Licra fête la laïcité !

Agissons ensemble !

Le DDV, revue universaliste

"Droit d’asile : principes et urgences" - n°687 - Été 2022 – 108 pages

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