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Robert Faurisson, mort d’un faussaire

Robert Faurisson est mort, à Vichy. 

Sa vie fut celle d’un faussaire, d’un négationniste, d’un antisémite. Il fut, pour reprendre les mots du regretté Pierre Vidal-Naquet, « un Eichmann de papier », jamais avare d’une ignominie, jusqu’à la fin, pour salir la mémoire des 6 millions de juifs exterminés par les nazis et transformer les prétoires en théâtre.

En 1980, aux côtés du MRAP et à l’initiative de Jean Pierre-Bloch, la LICRA fut la première association à faire condamner Faurisson pour diffamation raciale et alors même que la pénalisation du négationnisme n’était pas encore inscrite dans la loi. En ce 17 décembre 1980, les mots de vérité prononcés par Robert Badinter, avocat de la LICRA, ont réduit à néant les mensonges de Faurisson : « Il ne vous restait, en présence de la vérité, que ce qui est le prix du faussaire ; il ne vous restait, en présence des faits, qu’à les falsifier ; en présence des documents, qu’à les altérer ou à les tronquer ; en présence des sources, à ne pas vouloir les examiner ; en présence des témoins, à refuser leurs dires… Face à la vérité, M. Faurisson et ses amis n’avaient que le choix d’être des faussaires, et c’est le parti qu’ils ont adopté en se drapant dans une dignité qui n’était pas la leur, celle de la science historique… Avec des faussaires, on ne débat pas, on saisit la justice et on les fait condamner ».

En 1987, alors qu’il tentait de diffuser des tracts et libelles négationnistes sur les marches du palais de justice qui s’apprêtait à juger Klaus Barbie, Faurisson ne tint pas  la durée des débats et devant l’arrivée des témoins, devant le surgissement des faits, des mots, des courtes vies des enfants d’Izieu égrenées comme un martyrologe par Serge Klarsfeld, il ne résista pas à la lumière et se retira, pitoyable.

Robert Faurisson est mort mais il a planté des graines qui, avec la révolution numérique, ont essaimé dans le monde entier. Son poison est toujours vivace. Twitter et Facebook sont aujourd’hui remplis de ses émules qui distillent les théories du complot et banalisent l’antisémitisme. Notre combat se situe désormais à un autre niveau, à une autre échelle, pour faire reculer, partout, les petits « assassins de la mémoire » qui prospèrent dans l’anonymat et le sentiment d’impunité permis par les réseaux sociaux.

Agissons ensemble !

Le DDV, revue universaliste

"Droit d’asile : principes et urgences" - n°687 - Été 2022 – 108 pages

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