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1 jour, 1 combat : 23 avril 1944 : Le Ku Klux Klan est (presque) dissout

En ce début du mois d’avril 1944, l’ambiance est morose au sein du Ku Klux Klan. James Arnold Colescott, l’Imperial Wizard des Kngihts of the Ku Klux Klan (le “Magicien Impérial”) convoque une “Klonvocation” exceptionnelle. Le 23 avril, la fine fleur des suprémacistes racistes américains se réunit à Atlanta. L’ordre du jour est simple : dissoudre l’organisation centrale du Klan et abroger « tous les rangs, libérer tous les bureaux, annuler toutes les chartes et libérer chaque Klansman de toute obligation ». C’est la fin, théorique, du tristement célèbre KKK. En effet, les motifs de la dissolution ne sont pas liés à un manque d’adhésion dans la population ou au déclin de l’idéologique de cette secte raciste. Début 1944, l’administration fiscale américaine fait savoir à l’association qu’elle doit la modique somme de 685 305 $ en taxes, pénalités et intérêts impayés cumulés depuis les années 1920. L’administration Roosevelt a sans doute voulu appliquer au KKK la jurisprudence Al Capone.

En réalité, la dissolution de 1944 est la seconde mort du Klan. Apparu à la fin de la guerre de Sécession pour réunir ceux qui n’avaient pas digéré la défaite des Confédérés et la proclamation de l’abolition de l’esclavage, l’organisation avait connu une première vie jusqu’en 1871, marquée par des actions terroristes, des exactions racistes et des soulèvements qui conduisirent le président Grant à faire voter une loi interdisant le Klan et permettant l’arrestation de ses membres. Relancé en 1915, le mouvement connaît un certain succès dans l’Amérique isolationniste dont le suprémacisme raciste et violemment antisémite lui fait opérer des rapprochements dangereux. Désormais, l’ennemi du KKK n’est plus seulement le « Noir » mais « le Juif », « la féministe », le « communiste », « l’homosexuel », « le syndicaliste », « l’athée ». Le succès est au rendez-vous et le Klan atteint près de 3 millions d’adhérents au début des années 30.

Disqualifié par la guerre et les affinités nazies de certains de ses membres, le KKK va pourtant renaître de ses cendres rapidement après sa dissolution. Dès 1946, le mouvement repart : les Croix enflammées, les parades grotesques et les tenues médiévales processionnent de nouveau dans certaines villes américaines où la ségrégation fait toujours la loi, notamment dans le Sud des USA. Le mouvement se radicalise et est à l’origine de nombreux crimes, lynchages et menées racistes dans le pays. Devant la victoire des partisans des Droits Civiques, le KKK sombre dans la minorité et ses cellules les plus activistes sont démantelées à l’orée des années 60.

Le KKK compte aujourd’hui encore 5000 à 6000 adhérents autour desquels gravitent nombre de groupuscules paramilitaires dont certains sont classées comme terroristes par le gouvernement fédéral. Aujourd’hui, le suprémacisme blanc américain a ressurgi violemment dans l’opinion avec l’attentat de Charlottesville, la fusillade de la synagogue de Pittsburgh visant des juifs ou la tuerie du magasin Walmart d’El Paso visant des ressortissants mexicains, ces faits impliquant à chaque fois des auteurs proches de l’idéologie du KKK.

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Le DDV, revue universaliste

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