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1 jour, 1 combat. 26 mai 2016 : l’IHRA fait l’aggiornamento de la définition de l’antisémitisme


Le 26 mai 2016, l’Alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste (IHRA) adopte une mise à jour de la définition de l’antisémitisme et intègre de nouvelles sources et de nouvelles formes d’expression de la haine des juifs. Cette alliance, composée de 33 pays, fondée par les États-Unis, l’Allemagne, la Suède et Israël en 1998, propose une définition opérationnelle de l’antisémitisme : 

« L’antisémitisme est une certaine perception des juifs, pouvant s’exprimer par de la haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme sont dirigées contre des individus juifs ou non-juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et contre les institutions religieuses juives. »

Au-delà de cette approche très générale, la nouveauté de cette définition tient à la liste des exemples qui permettent de l’illustrer : 

«  Parmi les exemples contemporains d’antisémitisme dans la vie publique, les médias, les écoles, le lieu de travail et la sphère religieuse, on peut citer, en fonction du contexte et de façon non exhaustive:

        • l’appel au meurtre ou à l’agression de Juifs, la participation à ces agissements ou leur justification au nom d’une idéologie radicale ou d’une vision extrémiste de la religion;
        • la production d’affirmations fallacieuses, déshumanisantes, diabolisantes ou stéréotypées sur les Juifs ou le pouvoir des Juifs en tant que collectif comme notamment, mais pas uniquement, le mythe d’un complot juif ou d’un contrôle des médias, de l’économie, des pouvoirs publics ou d’autres institutions par les Juifs;
        • le reproche fait au peuple juif dans son ensemble d’être responsable d’actes, réels ou imaginaires, commis par un seul individu ou groupe juif, ou même d’actes commis par des personnes non juives;
        • la négation des faits, de l’ampleur, des procédés (comme les chambres à gaz) ou du caractère intentionnel du génocide du peuple juif perpétré par l’Allemagne nationale-socialiste et ses soutiens et complices pendant la Seconde Guerre mondiale (l’Holocauste);
        • le reproche fait au peuple juif ou à l’État d’Israël d’avoir inventé ou d’exagérer l’Holocauste;
        • le reproche fait aux citoyens juifs de servir davantage Israël ou les priorités supposés des Juifs à l’échelle mondiale que les intérêts de leur propre pays;
        • le refus du droit à l’autodétermination des Juifs, en affirmant par exemple que l’existence de l’État d’Israël est le fruit d’une entreprise raciste;
        • le traitement inégalitaire de l’État d’Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre État démocratique;
        • l’utilisation de symboles et d’images associés à l’antisémitisme traditionnel (comme l’affirmation selon laquelle les Juifs auraient tué Jésus ou pratiqueraient des sacrifices humains) pour caractériser les Juifs et les Israéliens;
        • l’établissement de comparaisons entre la politique israélienne contemporaine et celle des Nazis;
        • l’idée selon laquelle les Juifs seraient collectivement responsables des actions de l’État d’Israël. »

Cette liste permet de comprendre rapidement que plusieurs items renvoient à des questions relatives à l’État d’Israël et forment les contours de ce qu’on appelle, sans que le terme ne soit utilisé par l’IHRA, l’antisionisme, regroupant notamment la négation du droit à Israël d’exister, la comparaison avec le nazisme, l’usage de stéréotypes antisémites pour caractériser Israël, le fait de tenir les juifs collectivement responsables des actions de l’État d’Israël… Le document précise en outre que « les critiques à l’égard d’Israël comparables à celles exprimées à l’encontre d’autres pays ne peuvent être qualifiée d’antisémites ».

Cette nouvelle caractérisation très précise de l’antisémitisme permet pour la première fois au niveau mondial d’établir un consensus de 33 états autour de l’idée que l’antisionisme confine dans la plupart des cas et selon les critères mentionnés, à l’antisémitisme. Il en est même devenu la devanture principale, pensant échapper aux poursuites pénales. Très souvent désormais, les antisémites usent de cette facilité consistant à s’abriter derrière l’antisionisme pour distiller leur haine des juifs. Le gilet jaune qui a pris à partie violemment dans la rue le philosophe Alain Finkielkraut lui a d’ailleurs envoyé un très emblématique « sale sioniste de m … » ponctué par des « Rentre chez toi en Israël. Rentre chez toi en Israël. Rentre dans ton pays ». Chacun a compris que « sale sioniste » signifiait « sale juif » aggravées du fait que l’auteur de ces injures déniait à Alain Finkielkraut sa nationalité française, une allusion récurrente chez les antisémites, à l’image de Le Pen demandant à Lionel Stoléru s’il avait une double nationalité. 

L’adoption de ce texte a fait mouche, notamment dans les milieux revendiqués antisionistes et qui se sont immédiatement sentis visés, reconnaissant de fait que leur critique d’Israël n’était en rien comparable à celles qu’ils pourraient exprimer à l’égard d’un autre État. En France, le député Maillard a fait adopter par l’Assemblée Nationale une résolution qui reprend la définition de l’IHRA. Ce texte est déclaratif. Il est symbolique et n’a pas de caractère contraignant. Mais les symboles, c’est important.

Agissons ensemble !

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