Actualités Analyse De quoi Schoelcher est-il le nom ?

De quoi Schoelcher est-il le nom ?

Par Mario Stasi, Président de la Licra.

Le 22 mai dernier, des activistes ont accroché en Martinique une corde au cou de deux statues figurant Victor Schoelcher et ont emporté les deux monuments dans un chaos de destruction et d’injures. Cette date n’a pas été choisie au hasard : elle commémore celle du 22 mai 1848, c’est-à-dire le soulèvement des esclaves de Martinique qui, ayant appris l’abolition de l’esclavage proclamée par décret du gouvernement de la République du 27 avril 1848 et signé Victor Schoelcher, réclamaient son exécution immédiate, sans attendre les circulaires et décrets d’application qui interviendront plus tard, au mois d’août 1848. Ce soulèvement permettra de ne pas attendre et d’obtenir les effets immédiats de l’abolition.

L’outrage fait à la mémoire de Victor Schoelcher montre la très grande sensibilité des questions de mémoires et les réactions identitaires qui, en dépit des faits et des réalités, veulent les confisquer et réécrire l’Histoire en trempant sa plume dans l’idéologie. Finalement, ce qui intéresse ceux qui ont vandalisé les statues de Schoelcher, c’est d’effacer sa trace, de le nier. C’est d’expliquer que l’abolition serait une histoire de couleurs de peau, que cette émancipation ne pouvait venir que des esclaves noirs et non d’un blanc catholique de la métropole. On a vu fleurir des textes sur les réseaux sociaux, pour la plupart tronqués, tentant de démontrer que Schoelcher aurait été raciste. Il est impossible de lire notre histoire à coup de caricatures et d’anachronismes. Notre rôle, à tous, est d’expliquer la complexité des parcours et des cheminements des individus dans le contexte de leur époque. Schoelcher, comme Lincoln, n’est pas né abolitionniste, il l’est devenu, il a construit son engagement pour aboutir au choix sans appel de l’émancipation et de l’égalité, en décrétant que « nulle terre française ne peut plus porter d’esclaves ».

Les réactions sur les réseaux sociaux à ces actes de vandalisme sont symptomatiques du risque d’ethnicisation de la mémoire. Ces destructions symboliques ont eu pour effet de scander des injonctions qui divisent, qui fractionnent un passé qui, au contraire, devrait être un passé de réconciliation. Ces incidents nous montre combien l’enseignement de l’histoire, combien le rapport au réel, combien le souci de la raison et de la recherche de la réconciliation doivent être des préoccupations de chaque instant, pour rappeler des choses simples : le monde colonial disparu n’est pas héréditaire et il est dangereux de vouloir perpétrer des divisions qui ont été abolies. L’abolition de 1848 et tous les actes qui l’ont permise, enfin, n’est ni noire, ni blanche : elle est universelle, elle est de la couleur de la liberté et nous appartient à tous, aujourd’hui, en tant que citoyens français égaux en droits.

Mario Stasi, Président de la Licra

3 Commentaires

  1. Toute l’idéologie indigéniste et « décoloniale » est autant basée sur une réécriture de l’Histoire que sur le racisme le plus décomplexé et le plus viscéral.

  2. Vous regardez l’historique avec votre prisme est vous l’écrivez de meme
    L’outrage est et de vouloir nous imposer votre images du bienfaiteur Victor Schoelcher puisque qu’il me semble être si important pour vous. Vous devriez faire érigé une grande statut en France pour que vous puissiez le remercier tout les ans d’avoir sorti la France dans l’ignominie dans la quelques ils se sont mis pendant plus de 2 siècles.

  3. Waw a quel point vous fabuler. Cela fait plus de 100 ans que l’on dénonce la fausseté de l’histoire officielle. C vrai que la victoire pour la république elle est du a un monarchiste…

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire apparaîtra après modération. Veillez à respecter la législation française en vigueur.

Please enter your comment!
Please enter your name here

Suivez-nous

117,092AbonnésJ'aime
1,268AbonnésSuivre
29,502AbonnésSuivre

Newsletter