Asia

Festival d’Avignon 2021. Asia, au Théâtre du Chêne Noir, du 7 au 31 juillet à 19h45. De Mouloud Belaïdi, mise en scène Gérard Gelas.

Seule sur la scène du Théâtre du Chêne Noir, Pauline Dumas compose une Asia bouleversante, toute en retenue et en finesse ; la souffrance et la terreur sont ses compagnes de chaque instant mais la tendresse de la mère et de l’épouse, dont l’innocence et la bonté éclatent à chaque instant, l’empêchent de sombrer – ainsi que les rares mains secourables qui se tendent parfois vers elle.

Nous connaissons tous l’histoire d’Asia Bibi. Mais l’écriture efficace et poétique de Mouloud Belaïdi et la mise en scène, remarquable de sobriété, de Gérard Gelas la restituent avec une telle intensité qu’il nous semble ici la redécouvrir. Auteur et metteur en scène, sachant que le spectateur connaît le dénouement, ont l’intelligence de faire tomber le rideau au moment où la Cour Suprême du Pakistan va rendre son verdict, accentuant ainsi la dimension tragique de cette histoire.

« Pardon, mon histoire est triste. Mais c’est la vérité », déclare Asia à plusieurs reprises. Une vérité pleine d’enseignements : Asia nous met en garde contre les horreurs du fanatisme et de l’obscurantisme, mais nous enseigne aussi qu’il faut garder constamment à l’esprit le mot fameux d’Albert Einstein, que l’auteur met dans la bouche du ministre des Minorités, défenseur d’Asia, et qui est le slogan favori de la LICRA : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui les regardent sans rien faire ». N’oublions jamais que c’est la mobilisation de l’opinion publique internationale qui a sauvé Asia Bibi.

Abraham Bengio


Nous sortons bouleversés et révoltés de l’histoire d’Asia Bibi, femme d’exception, pakistanaise chrétienne, accusée de blasphème et condamnée à mort pour avoir bu à l’eau d’une source à laquelle elle n’aurait pas dû boire. Asia est minoritaire dans son pays et l’accusation provient d’autres femmes qui se pensent musulmanes et l’enchainement de la haine commence, de la part des autorités mais aussi de la population aveuglée par l’intolérance. Emprisonnée, elle sera condamnée à être pendue après avoir subi les pires humiliations.

Cette histoire tragique nous ramène à l’actualité récente de l’affaire Mila en France et nous interpelle sur l’ampleur prise aujourd’hui par la bêtise et le fanatisme intégriste meurtrier. Mais la pièce atteint une dimension plus spirituelle grâce à l’interprétation lumineuse de Pauline Dumas si juste et émouvante dans le rôle de cette femme aimante de la vie et résistante exemplaire.

« Le monde ne sera détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui les regardent sans rien faire », cette citation d’Albert Einstein  extraite de la pièce et si familière à la Licra que nous ne pourrons plus l’utiliser désormais sans penser à Asia Bibi et à toutes celles qui refusent de se soumettre au joug du fanatisme et de la bêtise.

JL Rossi Licra 

Avignon 2021

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