Actions des sections Nouvelle Aquitaine Licra BERGERAC : Appel pour l'entrée de Josephine Baker au Panthéon

Licra BERGERAC : Appel pour l’entrée de Josephine Baker au Panthéon

Je m’appelle Laurent Seitmann, je suis instituteur en Dordogne et je suis membre du bureau de la Licra Bergerac où j’ ai le bonheur d’avoir rencontré Claude Pierre-Bloch, vice président national de la LICRA. Fils d’un de ses fondateurs, son papa, jean Pierre Bloch, député du front populaire, résistant en Périgord et Dirigeant du Renseignement Gaulliste à Londres, qui eut le bonheur de voir Joséphine Baker adhérer à la LICRA. Claude eut l’honneurde sa présence de à son mariage Un lien d’esprit et de cœur donc.

Je lance ici et aujourd’hui une pétition, un appel à un hommage solennel et national pour honorer la mémoire et l’héritage de Joséphine Baker. Au lieu de déboulonner des statues, peut-être pourrait-on simplement en honorer, si ce n’est de nouvelles, tout au moins d’insuffisamment célébrées.

Sur notre belle terre de France, terre de liberté, qui ne se dément pas (preuve en est du nombre de réfugiés, d’immigrés, de mariages mixtes vivant sur notre sol, et avec un bonheur insuffisamment dit ! peut-être pourrait-on ici, sur cette belle Terre de Dordogne, pays de l’Homme, pays de Montaigne et de la Boétie, porter l’idée, soutenir le projet, éclairer les esprits, sur l’exemple que constitue la personne, le personnage, le destin et le courage de Joséphine Baker.

Et demander solennellement au Président de la République qu’un hommage national, voire une entrée au Panthéon, vienne, si ce n’est guérir la confusion des esprits qui s’est emparée de certains, peut-être rasséréner sur ce que la France représente dans le monde et au cœur d’elle-même, dans ses lois, dans ses textes, dans ses pensées et ses humeurs, malgré toutes ses imperfections : un phare de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Voyager un peu au travers du vaste monde nous aide à nous comparer et à continuer de nous améliorer.

Joséphine avait pu comparer et garder au cœur l’amour de ses 2 pays. Franco américaine, ayant connu la ségrégation, la vraie, venue ici trouver non seulement son bonheur, sa Liberté, son Egalité, sa Fraternité, venue retourner avec intelligence les a priori demeurant même chez les bien pensants, grâce à sa verve, son talent, son courage et ses déclarations d’amour, elle n’a jamais démenti ses engagements et ses reconnaissances.

Sa ceinture de banane, son retournement du mythe du bon sauvage, son regard malicieux, son mariage avec un juif à l’heure de la supériorité aryenne, son achat d’un château médiéval comme un ancrage dans l’Histoire de ce pays de cocagne, son engagement au côté de la Résistance et plus spécifiquement du général de Gaulle, son soutien et son amitié indéfectible à Martin Luther King, son projet fou d’une tribu arc en ciel, accueillant des orphelins de tous les continents, ne la verra pas, je l’espère, se faire accusée d’être une vendue ou une blanchie !

Joséphine était une star, quand Rosa Parks se voyait interdite de s’assoir dans un autocar aux Etats –unis. Les jazz-men noirs américains venaient goûter au vent de la liberté à Paris pour éprouver la sensation de ce qu’ils avaient légitimement le droit d’exiger dans leur pays d’origine. Ici, encore et toujours, un noir peut boire un café en Terrasse, servi par un blanc. Un noir peut être la personnalité préférée des français malgré les difficultés sociales dans les quartiers populaires et les zones rurales délaissées, qui touchent toutes les catégories sociales et familles fragiles.

Le racisme individuel existe et la bêtise toujours. En tout lieu, en tout temps, il sévit et n’est pas l’exclusivité d’un peuple ou d’une couleur de peau. L’esclavage continue dans certains pays du monde et il faut le dénoncer ! La France en a eu sa triste part. Les égyptiens antiques, les grecs démocrates, les royaumes chrétiens et musulmans, et des peuples africains eux-mêmes ont eu recours à cette abomination. A laquelle s’est ajoutée la déportation en Amérique et l’arrachement à la terre d’Afrique. Le code noir de Colbert, aussi choquant que sa lecture nous paraisse avec nos lunettes du XXIème siècle, déclencha la colère des esclavagistes qui le trouvaient trop « libéral ». Ce qui est inconcevable aujourd’hui ! N’effaçons donc point le passé, ce serait empêcher la mémoire et la réflexion.

Il nous faut progresser. Une statue, une belle Vénus d’ébène, Joséphine Baker, serrant dans ses bras un enfant, trône devant le mémorial, érigé pour son centenaire à Castelnau, devant le foyer pour l’enfance. Cet événement a été insuffisamment fêté. La plupart des français adoraient Joséphine. Elle attira le tout Paris dans son Saint-Tropez périgourdin. Sans jamais trahir la loyauté qui l’attachait à ce pays. Aurait-elle accusé le général de Gaulle d’être antisémite, anti-musulman ou anti-bovin au gré de quelques déclarations allant jusqu’à traiter les français de veaux, en oubliant que la France lui doit simplement d’exister toujours ? Ecouter le discours du général à Dakar a sans doute convaincu Joséphine s’il en était besoin.

Peut-être que dans mille ans, le métier de domestique ou la mission d ‘éboueur sera regardée comme une infamie et remplacée par des robots sans distinction de race, de classe ni de religion. Comme l’a dit Franz Fanon : Vais-je demander à l’homme blanc d’aujourd’hui d’être responsable des négriers du XVIIe siècle » ? Pourtant, La douleur se transmet d’une génération à l’autre et entraine parfois des traumatismes graves. Mais il faut avancer et construire, se reconstruire parfois. Comme le fit Simone Veil. Il serait malhonnête de haïr les allemands d’aujourd’hui pour les fautes de leurs grands pères.

Notre société est, sans doute à tort, une pyramide, non point de pierre, mais de liens, néanmoins plus affectifs qu’il n’y parait. Pour cette société imparfaite, Joséphine était entrée dans le Nous. Ce Nous qui avait encore des colonies, et pour qui elle a risqué sa vie, face au suprématisme absolu. Pour des orphelins de toutes origines et couleurs de peau, elle a usé sa force et sa fortune, jusqu’à devoir dormir sur les marches de son Manoir avant que d’en être expulsée. Accueillie par Grace Kelly, devenue de Monaco, qui n’avait pas oublié son Histoire américaine. Elle est enterrée sur le Rocher, dans une principauté, qui peut-être, pourrait, se passer, pour une fois, de la présence d’une star sur son territoire, en acceptant qu’elle panthéonise rue Soufflot ou qu’elle puisse revenir sur les terres périgourdines du village de Castelnau la Chapelle, en surplomb de la rivière Espérance, la sublime Dordogne, et y siéger comme un modèle, un exemple, un rappel. Que cet hommage redonne souffle et espoir à la concorde républicaine qui s’égare. Avançons, comme le fit Joséphine Baker, en portant l’étendard de nos valeurs universelles et intemporelles.

Laurent Seitmann

Agissons ensemble !

2 Commentaires

  1. Bonjour, d’accord pour le Panthéon ou le retour en Dordogne…Néanmoins quelque chose me chiffonne, l’intitulé dit  » A cette grande femme noire… ». Il est un principe universel que l’on ignore ce que sont les gens simplement en les regardant. Mais vous, vous l’assignez à un groupe ethnique dit « noir ». Au nom de quoi? Si on ne le sait pas pour la plupart des êtres humains, on le sait pour Joséphine Baker car avant d’être Joséphine Baker ( nom de son 1er mari ), elle fut la fille de son père et de sa mère. Son père était Espagnol, sa mère métisse noire et amérindienne (américaine donc). Nous ne sommes pas des idéologies sur pattes! Et si les autres ne le savaient pas, elle, le savait. Dire qu’il s’agissait d’une « grande dame » lui ferait plaisir, l’assigner sûrement pas. Quant au racisme américain, il vaut le racisme français, bien que différent dans son histoire et ses manifestations, et surtout à son époque.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire apparaîtra après modération. Veillez à respecter la législation française en vigueur.

Please enter your comment!
Please enter your name here

Suivez-nous

118,000AbonnésJ'aime
2,000AbonnésSuivre
33,800AbonnésSuivre

Rejoignez-nous

Agissez avec nous

Newsletter