Actualités Le DDV L’islamisme, voilà l’ennemi

L’islamisme, voilà l’ennemi

Éditorial par Emmanuel Debono, Rédacteur en Chef du DDV et Historien. Publié dans la nouvelle formule du DDV, revue universaliste. Décembre 2020. Trimestriel. 100 pages.

Sous le poids des menaces intérieures et extérieures, le citoyen est amené à apprécier avec plus de justesse, ces derniers temps, la valeur des libertés. Ce qu’elles en coûtent, aussi, au plan humain, dans un pays dont les citoyens sont ciblés par le terrorisme, depuis plusieurs années, pour ce qu’ils pensent, croient, dessinent, enseignent, ce qu’ils sont ou représentent. Ils font face à une idéologie totalitaire, l’islamisme, dont le bras armé travaille à faire taire, par le chantage à la terreur et par l’assassinat, tout ce qui s’oppose à sa représentation mortifère du monde.

Le totalitarisme n’est pas une terra incognita pour qui considère l’Histoire, mais cette réalité peine à advenir dans bien des esprits. Comme si le phénomène offrait d’autres issues que la soumission et la destruction de ce qui est autre. Comme s’il était une invitation, certes un peu brutale mais finalement opportune, à l’introspection, à la négociation, voire à la co-construction d’une société nouvelle, une occasion de redéfinir les règles du dialogue et d’un « vivre ensemble » à l’échelle planétaire. Comme si, en définitive, notre conception de la liberté, inestimable parce qu’immense et fondée sur des principes de droit, constituait le nœud du problème et non le fondamentalisme politico-religieux qui en est la négation la plus absolue.

Résistances

Cet art de la controverse et de la polémique, cette passion des batailles rangées entre citoyens statutairement libres, alors même que pleuvent les coups, révèle sans doute un certain degré d’avancement des rouages démocratiques d’une civilisation. Il est aussi celui où l’expression des désaccords peut atteindre le stade irréversible d’une désunion profonde facilitant l’effondrement. Ce risque n’est pas théorique, et encore moins fantasmé ; il faut l’appréhender dans l’environnement objectif et immédiat du totalitarisme avec lequel les interactions ne peuvent être que de l’ordre de la confrontation.

C’est notre capacité de résistance au plan national qui, une nouvelle fois, est mise à l’épreuve. Résistance au relativisme, en vertu duquel le ressentiment et la haine, qui se manifestent à l’encontre de la République, trouveraient un début d’explication dans une prétendue xénophobie d’État – pour ne pas parler de racisme –, structurelle et culturelle, dans un universalisme arrogant, impérialiste à l’extérieur, discriminant sur le sol national. Résistance à la confusion, qui s’embourbe avec facilité mais aussi délectation dans un ethnocentrisme culpabilisateur, déniant toutes formes d’autonomie au fanatisme et faisant de la France républicaine l’alpha et l’oméga des crises actuelles. Résistance à la désinformation, qui a toujours accompagné par le mensonge les campagnes de haine, mais qui trouve aujourd’hui, par le truchement des réseaux sociaux et un sinistre engouement pour la post-vérité, un mode d’amplification du poison idéologique, sans précédent dans l’Histoire.

Universalistes

Le Droit de Vivre. Tel fut le nom choisi par les fondateurs de la Ligue internationale contre l’antisémitisme (future Licra), en 1932, pour leur organe militant. Il s’agissait alors de défendre les minorités juives victimes d’exactions en Europe centrale et orientale. Près de 90 ans plus tard, au moment d’imaginer une nouvelle formule pour cette publication, son comité de rédaction s’est interrogé sur l’évolution possible du titre, pour plus de modernité et, peut-être, moins d’ambiguïté. La congruence et la force de ce nom historique sont toutefois rapidement apparues dans leur évidence. Ce nom va en effet droit au but et rappelle, par son universalité, l’indivisibilité de l’humanité et de ses droits. Pourquoi chercher plus loin à l’heure où des appels au meurtre fondés sur l’origine, l’appartenance ou la non-appartenance « à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée », résonnent aux quatre coins du monde ?

Le relativisme, la confusion et la désinformation sont d’utiles marchepieds pour le totalitarisme. Ces processus contribuent, sur tous les plans et à toutes les échelles, à réduire l’être humain, dans sa dignité et dans ses droits. Cette revue, universaliste, entend précisément aborder et combattre toutes les formes de réduction.

Ni hiérarchisation, ni sélection des combats : la lutte contre le racisme ne peut être le prétexte à de nouvelles subdivisions de l’humanité. Elle ne peut être le siège de la stigmatisation et de l’exclusion, le laboratoire de doctrines sectaires, la promesse d’un ordre injuste au nom de la justice. Elle ne peut être la source d’un affaiblissement de l’esprit, qui prépare la défaite. « La moindre faiblesse, la moindre concession, la moindre facilité accordée à l’ennemi nous désarme, nous perd », écrivait dans ces mêmes colonnes Bernard Lecache, fondateur de la Licra, le 4 novembre 1939. 80 ans plus tard, nous y sommes à nouveau. Ne nous laissons pas perdre.

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