ActualitésSociétéL'édito n°1 de la Licra : "Le racisme anti-blancs, ça existe ?"

L’édito n°1 de la Licra : “Le racisme anti-blancs, ça existe ?”

L’édito n°1 de la Licra : “Le racisme anti-blancs, ça existe ?”. Éléments de réponse par Mario Stasi, président de la Licra

Pour le droit et pour les sciences humaines, le racisme anti-blancs, ça existe. Mais il est nécessaire d’apporter un certain nombre de précisions et de précautions car c’est un sujet qui a toujours fait l’objet d’instrumentalisations politiques.

Historiquement, ce que l’on appelle « racisme anti-blancs », ce sont d’abord des réactions à des systèmes de domination et d’oppression mis en place dans le cadre de la colonisation européenne, de l’apartheid sud-africain ou encore de la ségrégation raciale aux États-Unis. Au moment de la décolonisation, dans les années 1950-1960, certaines révoltes ont par exemple été dirigées contre les blancs et se sont manifestées sous la forme de la haine raciale. On a alors pu parler d’un « racisme de réaction », d’un « racisme inversé » ou d’un « racisme à rebours ». On voit bien toutefois qu’il s’agissait-là de formes réactives, pouvant s’inscrire sous le signe de la libération ou de la vengeance, sans s’appuyer pour autant sur un corpus pseudo-scientifique de thèses raciales, comme celles qui formèrent les grandes doctrines racistes au XIXe siècle.

Sans qu’il soit forcément question de violences, on peut déceler aujourd’hui, dans certains discours et théories une réintroduction insistante de la notion de race dans l’analyse sociale, qui fait peser sur la population blanche des responsabilités historiques figées, immuables, et par-là même, une culpabilité intrinsèque. Ce type de lecture est dangereux. Dans une société démocratique comme la France, où le racisme est officiellement combattu par la loi, l’éducation ou encore les politiques d’État, on ne saurait faire peser indistinctement sur une catégorie de personnes, à raison de sa couleur, des accusations infondées.

Ce type de préjugés, qui ouvrent la porte à la stigmatisation, à la généralisation, à l’essentialisation, porte un nom : le racisme.

Il faut donc être particulièrement attentif aux discours séparatistes, segmentaires – eux, les blancs, nous les « racisés » –, qui sont porteurs de stéréotypes et de ferments de haine, au même titre que les formes historiques du racisme.

La Licra les dénonce et les combat, au plan des idées ; elle les poursuit aussi devant les tribunaux car elle est une organisation universaliste et que des violences motivées par des motifs racistes appellent une réponse implacable. Le racisme est un fléau quelles que soient les origines des victimes et celles des agresseurs.

S’il faut garder l’esprit alerte quant à des expressions du racisme auquel l’histoire et nos traditions militantes antiracistes nous ont peu habitué, il faut malgré tout toujours regarder la réalité en face : dans un pays comme la France, le racisme anti-blancs est un phénomène minoritaire et ne s’inscrit pas, dans le paysage social, sous une forme structurelle, à l’inverse des formes classiques du racisme.

Ceux qui affirment le contraire, en brandissant par exemple la notion de « francocide », le font pour des raisons idéologiques qui expriment avant tout une allergie profonde à la différence. Ceux qui, en revanche, nient la possibilité ou la réalité d’un racisme anti-blancs, le font pour d’autres raisons, tout aussi idéologiques, qui n’aident pas en rien au combat pour l’égalité en droit et en dignité, par le déni du réel.

À la Licra, nous combattons, sans préjugés, toutes les formes de racisme, d’antisémitisme et de discrimination.

Agissons ensemble !

Le DDV, revue universaliste

N°689 – Le DDV • Désordre informationnel : Une menace pour la démocratie – Automne 2023 – 100 pages

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